HTMlles Export 2 ou ma mobilité en ligne

let's fly let's fly girls

Belgrade, Sofia, Istanbul : destinations aux noms fantasques que nous avons foulées comme autant de mirages voyageurs, entre 2 ou 3 avions. Périphéries + Proximités : thématique de la dernière édition du festival qui nous a poursuivit dans cette ère, encore relativement nouvelle, où le wifi est constamment sur notre parcours et participe à l’altération de notre sentiment d’être vraiment, complètement à quelque part – car toujours en lien avec l’ailleurs/‘back home’. Quand je songe à cette tournée HTMlles, je nous revois en train de pitonner passionnément sur nos ordinateurs entre deux présentations d’artistes, un tour de ville express en taxi et un souper collectif. Extraordinairement mobiles à travers les fuseaux horaires et les villes, puis immobiles devant nos écrans. Voyager n’est plus vraiment ce que c’était ; quelque soit le pays traversé, plus la connectivité internet est présente, plus nous restons de toute manière dans les réseaux, collées à nos appareils. « Si loin, si proche »…

S’il y a une destination certaine où cette tournée m’a conduite, de par ma fréquentation des Kyd, Chantal, Joey, Jennifer et Michelle, c’est dans les territoires du « nouveau web social », dans lesquels je me suis plus sérieusement aventurée pour la première fois. Après tout, l’acronyme du festival n’évoque-t-il pas cette idée de demoiselles encodant les réseaux? Au terme de ce voyage d’artistes techno-médiatiques, je me serai convertie à l’usage de Flickr (où j’ai archivé allègrement nos albums de voyage : flickr.com/photos/carolinemartel/sets), de Skype (on me dit qu’un des moments fort de la tournée est ma conversation par ordinateur avec ma grand-mère écoutée par toutes, mortes de rire à entendre mamie me demander à la blague si on mangeait « des p’tits crapauds » en Bulgarie), puis de del.icio.us, YouTube et finalement de Hospitality Club. Des hommes galants et gueulants qui ont été sur notre route, il fallait bien que ce soit avec un geek nomade radical, un gestionnaire de réseaux allemand charmant du nom de Meinhard, que nous ayons terminé notre tournée. M’entendant récapituler comment j’avais acquis une nouvelle mobilité en-ligne de par ce voyage, il a conclu : « Welcome to Web 2.0, Caro ! »

“Yes, you. You control the information Age. Welcome to your world” clâme le magazine TIME sur sa page couverture de fin d’année, où la personnalité de 2006 n’est pas un grand homme du monde, mais nous, les usagers qui se sont appropriés les réseaux par nos usages alliant sociabilité et innovations techniques. Moi qui ai eu la chance formidable de voyager plus de deux ans avec mon film, c’est en cette fin de parcours avec les HTMlles que j’ai trouvé réponse, ou à tout le moins écho, à cette question que pose en conclusion la voix-off du FANTÔME DE L’OPÉRATRICE (paraphrasant Régis Debray) : « Comment a-t-on pu s’imaginer qu’en dessinant le monde en réseau, on pourrait habiter le réseau comme un monde… ? » Il semble que, de Montréal à Istanbul, nous soyons plusieurs à être, fixes et mobiles, dans ce monde que nous découvrons et développons à travers nos contacts-écrans. Les HTMlles ne font que commencer leur voyage.

Submitted by carolinemartel on Thu, 2007-02-01 18:12.